C'est la reprise
18 03 2010Le rapport avec la musique ou avec le post précédent ??La seule chose qu'on ne peut embellir sans qu'elle en périsse, c'est la vérité.
Que ce soit durant un concert, lors d'une émission ou parfois masqué entre les notes dans un morceau affiché comme étant original, la reprise fait partie de l'œuvre musicale en général. A une époque où les départements de recherche multiplient les dépôts de brevet, où la propriété intellectuelle est devenue l'un des enjeux des marchés culturels, où les droits d'une œuvre sont devenus plus importants que cette dernière faisant ainsi écho à sa dématérialisation progressive et irrémédiable, n'est-il pas étrange que la reprise musicale soit omniprésente dans le paysage sonore aujourd'hui ?
Bon disons le de suite, je ne prendrais pas position sur la question de la gestion des droits inhérents à l'exploitation d'une partition ou d'un texte. D'une part parce que parler d'argent ce n'est jamais vraiment marrant encore moins quand ce n'est pas le sien, et aussi parce qu'en soit c'est simple : plus y a de gens plus on partage le gâteau. Mais bon va-t-on se plaindre de reprendre une part (bien que plus petite) alors qu'on est déjà repu de la première fournée ?
Houla je m'égare, reprenons le cours des choses. Il est amusant de constater que la position d'un artiste vis à vis de la reprise permet d'identifier la phase de sa carrière.
- Les débuts : marcher dans les pas des maîtres. Il est rare qu'un artiste (génie mis à part mais bon même Mozart s'est prêté à cet exercice donc pas de honte) ne commence sa vie musicale en interprétant ses compositions. Soyons réalistes les premiers mots d'un enfant sont bien souvent ceux qu'il a entendu autour de lui et qu'il s'efforce de répéter tant bien que mal.
Et les artistes aussi talentueux et créatifs soient ils n'échappent généralement pas à cette règle. Ainsi au début on joue ces morceaux qu'on a si longtemps écouté et fredonné sous la douche.Comment quoi ?? Taxi
- Le tribute : hommage ou adoubement. L'artiste est rodé, le temps est venu des premières scènes. Et la encore la reprise n'est pas loin :
- Certains, Amy McDonald [Caledonia] affichent clairement leur admiration et leur influence musicale (au dela de la longue liste que certains citent pour étaler leur culture).
- D'autres, Puff Daddy [I'll be missing you], retravaillent un tube déja existant pour qu'il colle à leur style. Pour anecdote Sting, interprète original, a ensuite poussé la chansonnette en compagnie du rappeur comme pour signifier qu'il reconnaissait la nouvelle version comme œuvre à part entière.
- Enfin d'autres (pas les mêmes), Worlds Apart [Je te donne], achètent les droits, embauchent 4 BG et mettent tout le reste du budget dans un clip hypra tendance avec des chemises qui changent de couleur.
- La reconnaissance : pairs et éternels. Il est à noter que tous les artistes et morceaux n'arrivent pas jusqu'à cette ultime étape.
La vie c'est comme un disque, c'est cyclique
, ainsi parlait Eddieun mec dont j'ai oublié le nomdans Empire Records pour sensibiliser le jeune à la musique. A la manière d'un vinyle, certains artistes ont l'occasion de fermer la boucle et de passer à la postérité en se faisant à leur tour reprendre. Cela peut être par des jeunes talents (et on repart pour un tour) ou par leurs pairs auquel cas le duo s'impose si les deux sont toujours vivants.
C'est ainsi que je vois cette valse en 3 temps que se livrent depuis toujours les artistes et qui j'espère durera aussi longtemps.

je n'ai pas tout saisi mais ce que je pense c'est que les soi disant artistes de nos jours ne sont pas capables d'inventer de nouveaux trucs (certains peut être mais ils sont peu nombreux).
certes, c'est très bien reprendre un tube (si la reprise est faite correctement) mais des fois tu hallucines et tu te dis que le pauvre artiste est en train de se retourner dans sa tombe s'il est mort.
n'étant pas une grande musicienne ou quoi que ce soit, je ne peux rien dire de plus
bisous
Bon je vais essayer d'être un peu plus clair, faut pas hésiter à dire la ou c'est confus que je re-travaille le point. Non pas que les nouveaux artistes soient dénuées de qualité créatrice mais bon, plus ça va plus c'est dur d'être novateur et pas seulement en musique certains humoristes ne se gênent pas pour recycler certains gags ;).
C'est tellement facile pour les critiques de dire ça rappelle un peu untel (houla j'empiète sur le prochain post)Après sur la qualité même de la reprise, parfois de belles royalties permettent parfois de relativise sur les choses. Mais ne nous voilons pas la face il est quasiment impossible de progresser sans modèle (ou plutôt ca serait dommage de s'en priver)D'abord je pense que dans ce post tu fais allusions aux artistes signés ou qui proposent un CD... Sinon la 1ère phase perd son sens étant donné que l'artiste ne dispose pas de titres propres, ce qui l'oblige à faire des reprises. C'est n'est pas un choix. Il faut également traiter avec un regard différent les mouvements qui se construisent sur "la reprise" (Reggea avec les Riddim, Jazz et Classique avec les variations, Rap avec le sampling...et d'autres?)
A partir de là, je suis assez d'accord sur le fond i.e les 3 approches des artistes face à la reprise. Mais je pense que la 1ère phase, la reprise de classiques du genre, est le fait d'artistes en recherche de notoriété. Il peut parfois d'agir d'un hommage (si l'artiste qui reprend dispose déjà d'un public : ex les artistes issus de télé-crochets) ou alors d'une accroche marketing (ce n'est pas péjoratif, je ne juge pas de la qualité de la reprise) et je pense qu'on peut classer les World Appart dans cette catégorie.
Je pense que la 2ème phase concerne essentiellement les artistes reconnus. C'est ce qui la différencie de la 1ère. Il ne s'agit donc pas des 1ères scènes mais bien d'un hommage d'un artiste (souvent d'un groupe d'artistes) à un pair. C'est un peu ce que tu décris dans la 3ème phase mais en abordant le point de vue de l'artiste repris. Dans tous les cas, je prendrais le cas Puff Daddy avec beaucoup de précaution étant donné que le "sampling" est une pratique très courante dans le Rap, autant de la part des artistes en devenir que des confirmés. Et le plus souvent, il ne s'agit pas de rendre hommage...Dans le cas Puff Daddy, Sting s'associe également au morceau pour retrouver sa notoriété perdue. C'est une variante entre la 1ère et la 3ème phase : chanter des reprises réarrangées (même quand il s'agit de reprendre ses propres tubes) pour retrouver un public, généralement plus jeune. Elton Jon a adopté la même attitude et s'est retrouvé embarqué dans des clips chelou avec des rappeurs ou entouré de 4 armoires à glace au visage de poupée. Pas con le vieux !
La 3ème étape représente effectivement la reconnaissance, avec la constitution de duos (même virtuels) pour reprendre ses propres titres et les amener à la postérité tout en adoubant un artiste plus jeune... De manière générale, les artistes aboutis peuvent également se prêter à l'exercice des reprises à des fins purement artistiques, ou pour servir une cause...
Enfin ce n'est que mon avis de non expert, mais amateur de musique...